RENCONTRE AVEC FRÉDÉRIC, FUTUR PARTICIPANT AU MARATHON DES SABLES 2015

Aujourd’hui, partons à la rencontre de Frédéric ARNAUD, trailer/runner de Meurthe-et-Moselle (54), qui a un très beau palmarès sportif derrière lui, et qui tente cette année l’aventure du Marathon des Sables ! Voici le résumé d’une petite entrevue avec lui …

Copie de millau 2013Blog Sport-Diffusion : Parlez nous un peu de vous : Quelle est votre histoire avec la course à pied ? Depuis quand courez-vous ? A quels grands évènements/courses avez vous déjà participé ?

Frédéric : Agé de 48 ans, j’habite Les baroches, petit village de Meurthe-et-moselle proche de Briey; mes débuts dans la course à pied remontent à mes 40 ans. Un changement professionnel et l’arrêt de la cigarette m’encouragent alors à trouver une activité de plein air et je me tourne vers la course à pied, sport qui me semble le plus accessible. Je suis alors séduit par le « dépouillement » de ce sport : un short, une paire de basket, j’ouvre ma porte et c’est parti. Sans rigueur dans l’entrainement, ni points de repères, je m’entraine à l’époque sur de courtes distances à des vitesses élevées, et participe à des courses locales de 10 km environ. Je découvre le coté rencontre et prend la mesure de l’aspect populaire de ce sport, ce qui me donne envie de participer à un évènement de plus grande ampleur : je m’inscris 3 ans plus tard au semi-marathon de Nancy, ce qui me semble à l’époque une distance extraordinaire. Sans préparation spécifique, je finis les 21 km en 1H50 après être passé par de grosses défaillances et j’en profite pour découvrir le fameux mur dont on m’avait tant parlé. Après, c’est un enchainement que beaucoup connaissent et l’envie de découvertes qui m’aspirent. Ce qui me paraissait si lointain me semble envisageable et je me lance ce premier vrai défi de courir un marathon (à Berlin 2011, en 3H55); je ne cherche pas le chrono et je cours dans l’objectif d’arriver sans me faire mal. Mes entrainements se sont alors rationalisés et j’ai à cette époque suivi à la lettre un plan d’entrainement issu d’un magazine; cette même année, j’ai également troqué mes baskets de supermarché par de vraies chaussures de running et commencé à entrevoir que l’équipement et l’alimentation étaient des éléments clé de la pratique de la course à pied.

J’ai eu ensuite la chance de rencontrer une bande de copains sur Briey, qui se retrouvaient pour courir dans l’objectif des 100 km de Millau. La distance me parait tellement incroyable qu’elle me fascine et je raccroche ce groupe avec qui je découvre une grande convivialité, pas de « prise de tête » et des méthodes d’entrainement basées principalement sur les sorties en « endurance ». Je terminerai cette épreuve avec beaucoup de difficultés (12h40) mais aussi l’impression d’avoir atteint une dimension de course qui me correspondait. En 2013, je repars sur cette même course mieux entrainé, fermement déterminé à ne pas me faire lâcher par mes copains de course; je boucle la distance, euphorique, sans grosse douleurs en 10h40.
Dans ces rassemblements de coureurs, j’entends parler de courses nature et l’idée de rompre avec la monotonie du bitume me séduit. En 2014, je découvre l’ultra trail avec la sensation d’avoir enfin rencontré mon sport; j’enchaine quatre épreuves sur l’année : le trail de Vulcain, 80 km et 3000 m de dénivelé, couru en grande partie dans la neige dans des paysages somptueux; on reste en équipe, prudents et solidaires, ne connaissant pas les écueils de ces épreuves (12h55; 261ème sur 350 inscrits). J’enchaine par la « trans d’Havet » dans les dolomites italiennes – 80 km et 5500 m de dénivelé – mais l’épreuve est interrompue au bout de 8 heures du fait des très mauvaises conditions météo. Cette même année je terminerai également l’ultra trail des fantômes dans les Ardennes belges – 100 km et 4300 m de dénivelé (14h55 – 33ème sur 120 inscrits). Je terminerai 2014 par l’endurance trail des templiers 107 km et 4800 m de dénivelé (17h17 – 199éme sur 1000 inscrits).

trail de vulcain
Frédéric en orange, découvre les trails, ces courses nature, qui le changent un peu du quotidien sur bitume !

B S-D : Quel est votre souvenir le plus marquant ?
F : Sans hésitation, cette deuxième tentative sur les 100 km de Millau, parcourus avec mes copains Eddie et Wilfrid; chacun veillait sur l’autre et s’est mis au service du groupe. Je découvre alors que la course à pied est aussi un sport d’équipe, ce qui lui donne une dimension humaine forte. Nous franchissons la ligne d’arrivée ensemble et ce fut vraiment un grand bonheur.

100 km millau
Frédéric (à gauche sur la photo) :  » Je boucle la distance, euphorique, sans grosse douleurs en 10h40. »

B S-D : Venons en au fait, pourquoi avez vous choisi de participer au Marathon des Sables ?
F : J’ai définitivement pris goût au « long » et dans ce format de course, il existe plusieurs types d’épreuve. Le Marathon des sables est l’épreuve par étapes la plus connue, certainement la plus dépaysante et pour beaucoup la plus fascinante; elle est pour moi une des épreuves mythiques que je souhaite courir.

B S-D : Pouvez vous nous expliquer le déroulement de cette épreuve et les conditions de course ?
F : Le Marathon des Sables (souvent abrégé MDS) est une course à pied par étapes qui se déroule au Maroc chaque année au mois d’avril (du 03 au 13 Avril en 2015). Elle constitue la quatrième des dix étapes de l’Ultra-Trail World Tour. La course se déroule dans le Sud marocain en autosuffisance alimentaire (chaque concurrent porte sur son dos sa nourriture pour une semaine; seule l’eau portée étant fournie) sur une distance d’environ 250 km. L’itinéraire emprunte toutes sortes de terrains : dunes, plateaux caillouteux, pistes, oueds asséchés, palmeraies, petites montagnes, sur 6 étapes de 20 à 80 km, dont une étape marathon de 42 km et une étape non-stop d’environ 80 km en partie de nuit.

B S-D : Quelles sont les principales difficultés de cette course, qu’est ce qui vous effraie ?
F : C’est une course longue qui comporte des éléments inconnus pour le Lorrain d’adoption que je suis : la chaleur, les vents de sable, les nuits en bivouac, la nourriture lyophilisée et surtout…… le poids du sac à dos. Le sac pèse environ 8 kg pour assurer l’autosuffisance sur 6 jours (tout sauf eau). Le choix du matériel est déterminant et il faut souvent faire des arbitrages au détriment des éléments de confort : choisir un bon sac de couchage ou matelas, pour bien dormir et mieux récupérer, ou choisir le minimum pour éviter d’avoir trop de poids sur le dos, dur dilemme !

B S-D : Pour ceux qui auraient envie d’y participer plus tard, pouvez vous donner quelques conseils, concernant l’organisation, l’équipement, l’entraînement ?
F : Je pense qu’avant d’envisager une telle course et afin d’en profiter, il faut avoir acquis de l’expérience sur des formats longs et apprendre à « courir lentement » : la gestion de son effort est certainement une composante essentielle de la réussite. Il me semble également important d’avoir déjà eu des expériences en matière d’alimentation en course, les défaillances venant souvent de ce domaine. Il faudra enfin s’assurer de pouvoir disposer d’un temps de préparation conséquent, le temps sportif doit être compatible avec l’activité professionnelle et ne pas empiéter sur la vie de famille.
Concernant l’organisation, le point le plus crucial pour certains (dont je fais partie) est le budget. Le cout total d’une telle course est d’au moins 3500 euros et l’aide de sponsors est souvent déterminante. J’en profite pour remercier Sport-Diffusion qui me soutient et dont les conseils sur l’équipement sont toujours pertinents.

B S-D : Concernant l’entraînement justement, quand avez vous commencé la véritable préparation pour le MDS ? Quelle fréquence et combien de kilomètres par semaine ? Quand allez vous rentrer dans la période de « repos » avant course ?
F : Ma préparation a véritablement débuté début janvier; elle va s’étaler sur 3 mois et je me suis écrit un programme qui comporte plusieurs phases d’intensité variable. Sur une semaine moyenne, je cours entre 80 et 100 km répartis idéalement en quatre types de sorties :
– deux sorties « mixtes » à allure endurance avec un faible dénivelé; le format de ces sorties est de 20 km à 25 km.
– une sortie « cotes »; j’ai banni de mes entrainements les séances de fractionné que je trouve trop risquées en matière de blessure; je les remplace par ces séances courtes ou j’enchaine de courtes cotes à grande intensité avec des temps de récupération faible.
– une sortie « récupération » de 15 km environ, sans dénivelé, à environ 10 km/h.
– une « sortie longue » de 25 à 35 km le dimanche matin; je profite de cette sortie pour tester les équipements et la nourriture.
J’envisage de lever le pied 15 jours avant la course; durant ces deux semaines, je ne courrai pratiquement plus; je vise alors à capitaliser du repos une fois ma préparation aboutie.

Merci à Frédéric pour toutes ces informations, sur son passé, sa préparation, et cette  mythique course ! Rendez vous pris dans quelques semaines, avant le départ, pour voir où en est le sportif dans ses préparatifs ! A bientôt !

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