Le Trail de la Haute Moselotte

Vous l’attendiez, le voici, mon résumé du Trail de la Haute Moselotte ! Le temps de récupérer de mes 42km, il m’a fallu quelques jours pour pouvoir vous livrer mes impressions. Il m’arrive en effet sur certains trails, lorsque l’émotion a été forte, que je ne puisse pas tout de suite partager mon ressenti: je me sens déconnectée, une petite partie de moi reste dans la montagne ! Et oui, la montagne ça vous gagne !

C’est parti pour le débrief de course !

Départ de nuit THM Trail de la Haute Moselotte
Départ de nuit

Après une nuit très courte, voire inexistante (stress avant course oblige) nous nous levons, mes acolytes et moi pour 5h20. Nous avons dormi dans un gîte très sympa à proximité du départ dans la commune du Ménil (Le Ménil-Thillot). Ainsi nous évitons le réveil à 3h du matin. Un petit déjeuner léger pour moi, derniers préparatifs et nous voilà à gratter l’épaisse couche de givre sur le pare-brise pour pouvoir partir. A peine le temps de nous garer, nous rejoignons la ligne de départ. Il fait encore nuit, je n’ai pas pris de frontale, elle n’était pas notée dans le matériel obligatoire. Je serre mes lacets, un bisou magique à mon amoureux et le départ est lancé, pas le temps de réfléchir !

Le parcours

Le parcours a changé par rapport aux années précédentes: j’ai déjà couru le 14km en 2016 et le 28km en 2017. Habituellement nous bifurquons sur un chemin très raide et là nous restons un bon moment sur la route, ça grimpe régulièrement, de quoi se mettre en jambes et se réchauffer rapidement. Le jour se lève doucement, j’aime particulièrement les départs de nuit, cela donne une ambiance feutrée à la course, les coureurs parlent à voix basse. Nous pénétrons dans les bois, les petits singles enneigés font place à la route, mon trail commence.

Le soleil se lève, les paysages se découvrent, c’est juste somptueux ! Je vois pour la première fois une mer de nuages, c’est impossible de ne pas s’arrêter pour profiter de ce moment magique! Je profite de cet instant qui me fait oublier que ça grimpe bien par ici !

Une mer de nuages THM Trail de la Haute Moselotte
Une mer de nuages

La montée est rendue difficile par les plaques de verglas cachées sous la neige qui rendent les appuis instables. Pour 3 mètres parcourus on redescend d’un mètre ! J’arrive en haut de la première grosse montée, la vue est absolument magnifique, je profite de chaque instant ! Voilà pourquoi j’aime autant le trail, des moments suspendus où plus rien n’existe sauf la beauté du paysage.

La première descente se profile et non des moindres ! Deux ans que je stresse dans cette descente bien raide et bien glissante ! Et cette fois-ci c’est bien pire car tout est verglacé… Mais bon, il faut bien se lancer ! Je remercie mes bâtons de trail qui m’ont épargnés quelques beaux gadins. J’enchaîne les dérapages « contrôlés » ainsi que les figures de style et j’en viens à bout pour enchaîner sur une partie bitume roulante où tous les coureurs relancent… quelle erreur ! C’était sans compter sur notre ami le verglas! J’arrive tant bien que mal à rester sur mes 2 jambes, ce ne sera pas le cas de certains coureurs qui chuteront bien lourdement sur cette partie de la course et écoperont de belles blessures de guerre ! Verglas 1- Coureur 0.

Le premier ravitaillement

Nous descendons alors jusqu’au 1er ravito, kilomètre 13 déjà quasi 1000m de dénivelé dans les jambes. Et oui ça pique les trails vosgiens ! Je bois un thé chaud et je tente un peu de compote, je sais qu’il faut que je mange, il reste encore un bon bout de chemin et les derniers kms ne seront pas les plus simples. Quelques minutes d’arrêt, un bisou à mon supporter préféré et je repars pour affronter la 2ème grosse montée du parcours. Cette partie est très boisée, je me régale ! Des successions de single, de la neige, des coureurs sympas… Nous formons un petit groupe depuis un moment où chacun repasse l’autre dans ses domaines de prédilection. Pour moi ce sera les parties relance et descente qui me seront favorables. La montée… bon il va falloir encore que je travaille ! Courir en groupe, c’est motivant, ça permet de ne pas lâcher lorsque le corps fatigue. En sortie de forêt, nous arrivons sur un point de vue magnifique sur la vallée de la Moselotte et le massif vosgien qui s’étend à perte de vue, ça vaut vraiment le coup de souffrir un peu !

Nous amorçons la deuxième grosse descente: de la neige assez profonde mais souple, on s’enfonce, on glisse sans danger. Je crois que c’est vraiment mon moment préféré de ce trail ! Le plaisir absolu ! J’ai 5 ans pas plus et je ris toute seule en dévalant la pente ! Puis nous redescendons en lisière de forêt. C’est compliqué car nous sommes en devers, moitié boue, moitié neige fondue mais le spectacle qu’offre le manteau neigeux à perte de vue m’empêche de râler ! C’est dire !

Une descente bien neigeuse THM Trail de la Haute Moselotte
Une descente bien neigeuse

Le second ravitaillement

Arrivée au second ravitaillement, 23kms 1500m de dénivelé, je prends le temps de manger, j’ai envie de chips ! Je recharge mes gourdes (il n’y aura pas d’autres possibilités de boire ou manger ensuite) et je tourne la tête pour repartir et là soudain, j’ai envie de faire demi-tour: des escaliers… et pas seulement quelques marches. Je discute avec un groupe qui m’affirme qu’il ne reste plus que 300m de dénivelé, qu’ils ont vu le parcours sur « openrunner » chiffré à 1800m. Ça m’étonne: j’avais vu 2000m… je leur dis de se méfier que s’ils se trompent, je les retrouverai 😉 !

Les muscles commencent à être aussi raides que les montées, ça glisse toujours et la neige est dure et profonde par endroit ! Je discute avec mes compagnons de route, c’est-à-dire avec toutes les personnes que je croise, même les spectateurs. Ça m’aide moralement…

La beauté du Trail de la Haute Moselotte THM
La beauté du Trail de la Haute Moselotte

Seulement 1800m de D+ ?

Je regarde ma montre: 1850m de dénivelé… Ah on m’aurait menti ! Et ça n’a pas l’air de descendre… Le soleil me réchauffe, c’est agréable ces premiers rayons de soleil. Tiens une nouvelle montée… Je rêve où elle est encore plus raide celle-ci ! Grrr, je peste ! Je me retourne au moment de passer des petites passerelles métalliques très étranges qui se succèdent sur le parcours et je vois mes informateurs du 1800m de dénivelé ! « Dites donc, moi j’ai 1960m et ça grimpe encore ! Réclamations ! Vous n’avez plus qu’à me porter jusqu’à la descente ! » Ils rient, ils n’en peuvent plus non plus. Je discute avec Alex que je rencontre pour la première fois mais qui me connaît à travers d’autres amis coureurs. Et oui c’est une petite famille le monde du trail ! Nous nous tiendrons compagnie quasiment jusqu’à l’arrivée.

La descente vers l’arrivée

La descente vers l'arrivée THM Trail de la Haute Moselotte
La descente vers l’arrivée

Elle est enfin là la descente tant attendue ! Quoique… C’est un bourbier sans nom ! Je pense que les organisateurs voulaient s’assurer qu’il n’y ait pas un petit millimètre carré de propre sur nous ! On patauge, j’ai peur d’y laisser une basket ! Je ne veux pas faire comme le coureur qui a mis le pied dans un bourbier au km7: il y avait un cours d’eau et ce monsieur n’a jamais retrouvé sa chaussure, il a dû rebrousser chemin avec une seule basket… Le pauvre !

L’arrivée

Je m’aide de mes bâtons pour ces derniers kilomètres, ils me stabilisent bien. Ça double beaucoup sur cette dernière portion… Pourquoi ils ont l’air plus frais tous ces coureurs ? Ah oui ils sont sur le 28km ou le 14 ! J’ai failli avoir peur ! Dernière descente, j’accélère (ou du moins j’ai l’impression d’accélérer), les spectateurs m’encouragent, j’ai le sourire aux lèvres… Je l’ai fait et avec une tonne de plaisir ce premier trail de la saison ! La petite montée pour entrer dans la salle où se trouve la ligne d’arrivée se passe très bien, virage en épingle, moquette, barre de seuil, chéri qui prend la photo… Ah ! ben non, pas de photo car je ne suis plus dessus mais au sol 😀 ! Et oui je l’ai fait ! J’ai survécu au verglas, à la neige, à la boue, je me suis contorsionnée, j’ai réalisé des arabesques incroyables pour rester sur mes 2 jambes et là un pauvre morceau de scotch m’envoie au tapis à 2m de l’arrivée !! Me voilà les quatre fers en l’air, les genoux bien douloureux (parce que la moquette ça brûle) je me relève ni vue, ni connue (sauf que la salle est comble) et je franchis « dignement » la ligne d’arrivée en 6h42, heureuse !

Le classement n’est pas exceptionnel, je fais 15ème Féminine et 7ème de ma catégorie mais mon bonheur est ailleurs ! Ma saison est lancée, j’ai enchaîné sur 15 jours un 32km de nuit et un 42km sans subir trop et surtout en profitant de chaque instant de cette course.

Le parcours du 42km du THM Trail de la Haute Moselotte
Le parcours du 42km du THM

Pour conclure

A vos calendriers amis coureurs ! Le THM est sans nul doute, LA course d’entrée de saison à faire ! Place aux courbatures, qui ne dureront finalement « que » 3 jours, c’est donc que le corps a une mémoire et que mes techniques de récupération (cf : article sur le trail des Callunes) fonctionnent. Chose promise, chose due : la photo en mode récup ! Et suite de mes aventures le 11 mars pour la 2ème édition du « chrysatrail » à Remiremont.

Et n’hésitez pas à visiter leur site et le garder en favoris pour vous inscrire en 2019 !

==> http://www.traildelamoselotte.fr/

Mes indispensables pour un trail hivernal :
– Une veste étanche de type Bonatti WP chez Salomon. Obligatoire sur les trails longues distances en montagne, elle reste indispensable pour les climats hivernaux où les différences de températures peuvent vraiment chuter rapidement. A glisser impérativement dans son sac ! Elles sont la plupart du temps compactables et peuvent vous éviter bien des désagréments !
– Une paire de gants de rechange. Il ne faut pas oublier que notre chaleur corporelle s’échappe par nos extrémités, mains, pieds, tête. Je prévois donc toujours une paire de gants thermiques mais respirant, en plus de ceux que je porte, dans mon gilet d’hydratation. Et on n’oublie pas de se couvrir la tête 😉 !
– Le tour de cou est également un article indispensable. Il est multi-emploi, s’utilise été comme hiver. Pour vos courses où les températures sont négatives, n’hésitez pas à vous couvrir le nez et la bouche avec, pour que l’air inspiré se réchauffe un peu avant d’atteindre vos poumons.

Et bon repos à tous !

La récup' de Marie
La récup’ de Marie

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